Défier l'incertitude
- Olivier Roche

- 20 août 2020
- 2 min de lecture

L’incertitude parle à nos peurs, les réveille et vient tester nos capacités. Elle s’adresse à nos limites : celles qui placent notre équilibre entre l’accueil de la nouveauté et la crainte des mauvaises nouvelles, entre le maîtrisable et l’impuissance.
Quand on évoque l’incertitude on parle souvent de sentiment. Parce que l’incertitude est un élément constant dans notre vie. Nous ne savons pas ce qu’il nous arrivera demain. Le sentiment parle de subjectivité : Nous ne sommes pas égaux face au non maîtrisable : certains sont inquiets à l’idée de commencer la journée, d’autres en ont besoin pour être en énergie.
L’incertitude n’est donc pas une notion fondamentale en soi, puisque inhérente au vivant, mais la façon dont la vivons est un sujet passionnant. A chacun ses stratégies pour y faire face : l’agitation, le repli sur soi, le fatalisme, la recherche d’un bouc-émissaire, la prévoyance, la prudence, l’action. Elles ont toutes un point commun : elles nous font changer de posture, nous mettent en mouvement et donc apaisent notre peur… sans nous garantir, pour autant, l’atteinte de l’objectif visé.
Pour plus d’efficience, je vous propose de faire le chemin inverse et plutôt que de chercher l’action immédiate, je vous invite à partir de votre ressenti. Défier l’incertitude c’est en fait défier ses propres peurs :
La première étape serait de chercher le sens au sentiment de malaise généré par l’incertitude. Allez chercher la cause de la cause qui rend la situation difficile : Qu’est ce qui fait, qu’aujourd’hui, l’incertitude devient plus difficile à vivre ? Qu’est-ce que vous craignez le plus ? Et si le pire arrivait, que se passerait -il ? Et après cela, que se passerait-il, encore ?
Une fois cela posé, imaginez que vous soyez la personne qui écoute : que lui diriez-vous, alors ? Comment l’aideriez-vous à distinguer ce qui est de l’ordre du connu, du tangible, de l’ici et maintenant, de ce qui n’est pas, de ce qui ne sera jamais, voire de ce qui est de l’ordre du fantasme.
Enfin, il est important de pouvoir distinguer ce sur quoi vous pourrez agir, de ce qui est de l’ordre du renoncement nécessaire, du lâcher prise. Faire le deuil du sentiment de « toute puissance » est le challenge de toute incertitude. Courber l’échine, accepter ce qui sort de votre influence mais continuer d’agir sur ce qui est en votre pouvoir et qui sera source d’inspiration.
A vous managers qui traversez ces périodes de doute comment faites-vous face aux multiples sentiments d’incertitude qui vous assaillent : celles de vos équipes, de vos clients, de vos actionnaires et les vôtres ? Au plaisir d’en discuter avec vous.



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