Elargir sa zone de confort plutôt que d’en sortir
- Olivier Roche

- 20 août 2020
- 2 min de lecture

Avez vous remarquer ces bonnes paroles » récurrentes qui circulent sur le net, et qui, force de répétitions, semblent devenir des vérités absolues, de nouveaux dogmes.
Il y en a une sur laquelle je tombe assez souvent : Sortez de votre zone de confort !
Je reste assez dubitatif quant au sens de cette formule. S’il y a bien une chose avec laquelle l’être humain est inconfortable, c’est le changement : Demandez à la personne qui partage votre vie de changer de place dans le lit et observez sa réaction…
Faudrait-il se faire du mal pour se faire du bien ? Il n’y aurait de changement véritable que s’il y a souffrance ? Entendez-vous, aussi, comme moi le murmure d’un message caché qui sonne comme une injonction : ne soyez pas faible, prouvez votre valeur en sortant de votre zone de confort… un sois fort qui se cache derrière une mise au défi.
Faudrait-il absolument se confronter à l’inconfort et à la difficulté ? quel est l’objectif ultime : tenter à tout prix de tout maîtriser, tout traverser, et prouver, ainsi, sa valeur, ou s’ouvrir à de nouvelles perspectives, atteindre le point qu’on s’est fixé, en vivant le mieux du monde ce changement ?
Lors de mes accompagnements, j’invite les personnes à se regarder avec bienveillance et respect : Si elles veulent changer, progresser, avancer, de quelle protection ont-elles besoin pour le faire ? Je les invite à élargir leur zone de confort pour aménager leur changement.
S’il y a envie et sens à changer, il est important de décider des étapes nécessaires à sa mise en action et peut-être pour un temps continuer à faire « un peu plus de la même chose ». Comme l’enfant qui apprend à explorer le monde, celui-ci le fera d’autant plus facilement en ayant intégré au préalable la présence protectrice et l’amour de ses parents en lui et, somme toute, une conscience claire de sa propre valeur. Notre regard bienveillant envers nous-mêmes est à l’origine de notre zone de confort interne.
Ce regard bienveillant, lors de mes accompagnements, passe, aussi parfois, par certains deuils, de renoncements nécessaires, d’acceptation de sa part de vulnérabilité, mais aussi, par une conscience claire de ses propres ressources et de ses talents.
La perspective d’une transformation associée au respect de sa propre personne est à l’origine des mises en action.
La valorisation du changement serait sans doute moins confrontante si elle passait par celle des protections décidées permettant le changement. Souligner le chemin, les autorisations, l’ingéniosité des moyens mis en œuvre pour se respecter, contribuant ainsi à l’élargissement de sa zone de confort.



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